La prévalence de la maladie de Von Willebrand (MVW) dans la population générale est estimée entre 0,6 et 1,3 % (toutes formes confondues) selon les études, mais la prévalence de la MVW symptomatique nécessitant un traitement spécifique est d’environ 1/10 000. La maladie de von Willebrand de type 3 est beaucoup plus rare (1/1 000 000).
Description clinique
L’âge d’apparition varie, l’apparition précoce étant associée à un déficit en FVW plus sévère. La maladie se manifeste par des saignements anormaux de gravité variable, survenant soit spontanément, soit en association avec une procédure invasive. Les anomalies hémorragiques sont généralement caractérisées par des hémorragies cutanéo-muqueuses (épistaxis, ménorragie, saignement de plaies mineures, etc.), mais des hématomes et des hémarthroses peuvent survenir dans les formes plus sévères.
Étiologie
La maladie de von Willebrand est causée par des mutations du gène VWF (12p13.3) codant pour la protéine multimérique VWF. La protéine VWF a une localisation intraplaquettaire, endothéliale et plasmatique et joue un rôle essentiel à la fois dans l’interaction des plaquettes avec la paroi vasculaire lésée et dans le transport et la stabilisation du facteur VIII (FVIII).
Méthodes de diagnostic
Le diagnostic repose sur des tests de laboratoire impliquant des analyses fonctionnelles et immunologiques des taux de FVW et de FVIII. La détermination du type de maladie de von Willebrand nécessite d’autres tests spécifiques tels que l’étude de la distribution des multimères du FVW.
Diagnostic différentiel
Les mesures des taux de FVW (antigène et fonctions) permettent généralement de distinguer la maladie de von Willebrand de l’hémophilie A. Toutefois, ces tests ne permettent pas de différencier la maladie de von Willebrand de type 2N, qui nécessite des analyses plus spécifiques. La différenciation entre le syndrome de von Willebrand acquis (SVA), qui survient en association avec une autre pathologie sous-jacente, et la maladie de von Willebrand héréditaire est plus problématique. Le fait que les individus de la population générale appartenant au groupe sanguin O puissent également présenter des taux modérément plus faibles de FVW doit également être pris en compte dans le diagnostic différentiel.
Diagnostic prénatal
Dans le cas des grossesses à risque, l’identification des mutations sous-jacentes du FVW peut être utilisée pour le diagnostic prénatal de la maladie de von Willebrand de type 3.
Comment attrape-t-on la maladie de von Willebrand ?
La maladie de von Willebrand est généralement héréditaire. Elle est transmise par les gènes de l’un ou l’autre parent à un enfant de l’un ou l’autre sexe. Cependant, il arrive que la maladie de von Willebrand soit due à une modification spontanée du gène de la maladie de von Willebrand avant la naissance de l’enfant. La figure ci-dessous illustre la transmission de la maladie de von Willebrand.
Les types 1 et 2 de la maladie de von Willebrand sont généralement hérités selon un modèle dit « dominant ». Cela signifie qu’un parent atteint de la maladie de von Willebrand a une chance sur deux (50 %) de transmettre un gène de la maladie de von Willebrand à chacun de ses enfants.
La maladie de von Willebrand de type 3, en revanche, est généralement héritée selon un modèle « récessif ». Dans ce cas, l’enfant hérite du gène de ses deux parents. Même si les deux parents présentent des symptômes légers ou pas de symptômes du tout, leur enfant peut être gravement atteint.
Conseil génétique
La maladie de von Willebrand se transmet le plus souvent selon un mode autosomique dominant, mais le mode de transmission est autosomique récessif pour la maladie de von Willebrand de type 3 et pour certains sous-types de type 2. Un conseil génétique devrait être proposé pour informer les patients de la gravité de la maladie et des risques associés, et pour permettre le dépistage d’autres membres de la famille atteints. Pour les couples qui risquent d’avoir un enfant atteint de la maladie de type 3, il est préférable que le conseil génétique soit discuté dans un centre multidisciplinaire spécialisé.
L’information est tirée du site web orpha.net