Épidémiologie
La prévalence ponctuelle en Europe semble être proche de 1/300 000, mais elle peut être nettement plus élevée dans les pays où les mariages consanguins sont fréquents.
Description clinique
L’expression clinique de cette maladie est très variable et aucune relation cohérente n’a été trouvée entre la gravité du syndrome hémorragique et les niveaux résiduels d’activité du FVII. Le tableau clinique peut être très sévère, avec la survenue précoce d’hémorragies intracérébrales ou d’hémarthroses répétées, ou au contraire modéré avec des hémorragies cutanées/muqueuses (épistaxis, ménorragies) ou des hémorragies provoquées par une intervention chirurgicale ou un traumatisme. Enfin, de nombreux sujets sont totalement asymptomatiques malgré un taux de FVII très bas.
Étiologie
Le déficit en FVII est dû à des mutations du gène F7 (13q34) codant pour le FVII. En règle générale, seuls les homozygotes ou les hétérozygotes composés développent un syndrome hémorragique ; les hétérozygotes sont généralement asymptomatiques. On sait que plus de 250 mutations et six variantes communes sont associées à une augmentation ou à une diminution des taux plasmatiques de FVII. Des réarrangements génomiques importants ont été signalés dans la littérature et dans les différentes bases de données spécifiques aux locus, mais ils sont rares. Des réarrangements génétiques ont également été mis en évidence, entraînant une délétion totale ou partielle du gène F7. La proximité et l’implication du gène F10 (13q34) pourraient également être à l’origine de déficits combinés.
Méthodes de diagnostic
Le diagnostic est suspecté par un temps de prothrombine isolé et confirmé par des tests chronométriques révélant un niveau d’activité du FVII inférieur à celui du plasma normal regroupé (les valeurs se situant généralement entre 70 et 140 %). Le déficit n’est généralement symptomatique que pour des valeurs inférieures à 30 %.
Diagnostic différentiel
Les diagnostics différentiels comprennent l’insuffisance hépatocellulaire, l’hypoavitaminose K, le déficit acquis en FVII associé à un sepsis sévère et, plus rarement, la présence d’auto-anticorps contre le FVII.
Diagnostic prénatal
En raison de la forte hétérogénéité des phénotypes (y compris chez les individus asymptomatiques), l’accès au diagnostic prénatal dépend du retentissement clinique de la maladie dans la famille considérée. Seule l’existence d’un premier enfant atteint de la forme très sévère peut amener l’équipe médicale à proposer un diagnostic prénatal lors d’une grossesse ultérieure.
Conseil génétique
La maladie se transmet sur le mode autosomique récessif. En raison de la grande hétérogénéité phénotypique de la maladie, avec de nombreux patients asymptomatiques, le conseil génétique tend à différer en fonction des caractéristiques cliniques propres à une famille.
L’information est tirée du site web Orpha.net